MyPACS.net: Radiology Teaching Files > Case 55465131

Never visited LIPOME INTRAMUSCULAIRE
Contributed by: University Hospitals of Geneva, Natalia Dfouni, HUG, Switzerland.
Patient: 50 year old male
History: Homme de 50 ans présentant une voussure molle du dos, en position paravertébrale droite. Pas de douleur ni d’antécédent traumatique. Pas de signes inflammatoires.
Images:[small]larger

Fig. 1: US

Fig. 2: IRM T1 coronal

Fig. 3: IRM T1 sagittal

Fig. 4: IRM T2 axial

Fig. 5: Macroscopie (autre patient)

Fig. 6: Microscopie (autre patient)
Findings:

US : Masse intramusculaire ovalaire, très bien délimitée, située au sein de la musculature dorsale paramédianne droite. Elle est légèrement hétérogène et globalement hypoéchogène par rapport à la musculature voisine. Renforcement des échos en profondeur.

IRM : Masse intramusculaire de forme ovoïde, d'environ 14 x 4 x 8 cm, située au sein la musculature paravertébrale dorsale à droite. Son signal est isointense par rapport à la graisse tant en T1 qu'en T2. Ses bords sont parfaitement bien délimités et son contenu est très homogène.

Macroscopie (autre patient) : Masse jaune brillante, polylobée, d’environ 14 cm de grand axe. Finement et partiellement encapsulée, de coloration jaune, régulière à la coupe, avec quelques travées blanchâtres.

Microscopie (autre patient) : HE x 200. Lésion formée d’adypocites matures de taille et forme régulières, entre lesquelles on trouve des fibres musculaires éparpillées. Pas de cellules atypiques, de mitoses ni de foyer de nécrose.

Diagnosis: Lipome intramusculaire
Discussion:

Le lipome est une tumeur bénigne composée de cellules adipeuses matures. Le lipome et ses variantes constituent les tumeurs bénignes les plus fréquentes dans les tissus mous (16 %). L'immense majorité est sous-cutanée et ne touche pas la musculature. Les lipomes profonds, qui peuvent être inter ou intramusculaires, sont relativement fréquents mais beaucoup moins que ceux des tissus sous-cutanés. Parmi eux, l’intramusculaire est plus fréquent, ses bords sont moins bien délimités à cause d'une infiltration extensive dans la musculature adjacente ; il est aussi appelé lipome infiltrant. Ces lipomes surviennent à tout âge, mais prédominent chez l'adulte à l'âge moyen ou plus avancé, avec une légère prévalence masculine. Ils sont plus fréquents dans les extrémités et le tronc. L’intermusculaire est plus rare ; sa distribution par âge est similaire au précédent. Il survient plus fréquemment dans la paroi abdominale. Dans les deux cas, le patient se présente cliniquement avec une masse généralement indolore. Macroscopiquement, les lipomes sont des masses molles, ovoïdes, finement encapsulées avec une couleur jaune à la coupe. Microscopiquement ils sont composés d’adipocytes uniformes en forme et en taille. Malgré leur aspect bien circonscrit, la graisse peut infiltrer les fibres musculaires donnant un aspect strié. Parfois ils peuvent contenir du tissu fibreux, apparaissant sous forme de septa linéaires hypodenses au CT et hypointenses en IRM. Rarement, dans des vieux lipomes, il peut exister une formation métaplasique d'os ou de cartilage. Leur traitement, si nécessaire, est chirurgical et si la lésion n'est pas excisée en totalité (à cause de leur caractère infiltrant), ils peuvent récidiver.

En ce qui concerne l’imagerie, quand ils sont volumineux, ils peuvent être vus comme des masses hypodenses sur les clichés standard et quand ils sont adjacents à l'os, il peut y avoir un épaississement cortical. La nature lipomateuse bénigne de la lésion est bien identifiée par le CT et l'IRM, car leur aspect est identique à celui de la graisse sous-cutanée et intramusculaire, ce qui rend leur délimitation difficile en cas de lipome superficiel. Le CT permet une très bonne détection des lésions et peut, en général, bien préciser la localisation inter ou intramusculaire. Les lipomes sont très homogènes avec une densité très basse, de l'ordre de -65 à -110 U.H. Ils ne se rehaussent pas après injection iv de produit de contraste. L'IRM permet une excellente délimitation des lésions et peut montrer la fine capsule périphérique dans des zones de démarcation difficile, comme la graisse sous-cutanée. Aussi en IRM les lipomes sont très homogènes avec, parfois, quelques fins septa de tissu conjonctif autour des grosses composantes lobulaires. Toutefois certains lipomes peuvent présenter un aspect dystrophique, hétérogène avec de nombreux septa plus épais. Ces variantes "atypiques" ont un taux de croissance plus élevé et peuvent ressembler histologiquement et radiologiquement à des sacomes de bas grade, en particulier des liposarcomes bien différenciés, d’ailleurs ils sont souvent considérés comme une même pathologie de malignité intermédiaire. En ce qui concerne la différenciation malin/bénin, la taille semble un facteur prédictif important ; en général, plus grande est la masse plus grande est la probabilité de malignité. D’autre part, plus haut est le contenu en graisse, plus grande est la probabilité de bénignité. Les marges du lipome peuvent être bien ou mal définies en fonction de leur infiltration du muscle avoisinant, les liposarcomes sont eux, en général, paradoxalement bien définis. Ces derniers sont souvent multinodulaires et présentent des septa épais et irréguliers qui se rehaussent plus intensément après injection iv de gadolinium. Les angiolipomes, avec leur plus importante concentration d'éléments vasculaires peuvent aussi avoir cet aspect.
Le diagnostic différentiel en IRM peut aussi s'avérer difficile en cas de vieux hématomes qui sont également hyperintenses en T1 et T2 ; une mesure des temps de relaxation en T1 et T2 devrait permettre de les différencier, ceux de l'hématome s'avérant plus longs que ceux de la graisse. Une autre méthode est celle d'utiliser le « chemical shift » ou la saturation de graisse (Fat.Sat.).

On distingue plusieurs variantes du lipome bénin.
L’angiolipome est une lésion cutanée composée de tissu adipeux, de petits vaisseaux et de capillaires, elle peut être moins bien limitée que le lipome. Une variante profonde qui a été appelée angiolipome infiltrant correspond en réalité plutôt a un hémangiome avec une composante adipeuse importante.
Le lipome à cellules fusiformes présente des foyers cellulaires qui forment du collagène. Il survient chez des hommes dans le tissu sous-cutané de la région du cou et des épaules. En imagerie, il ressemble au liposarcome.
L’angiomyolipome est un terme réservé à une tumeur du rein ou du rétropéritoine, qui présente une composante de graisse, de muscle et des vaisseaux.
Les lipomes multiples ou lipomatoses sont des affections rares dans lesquelles de multiples lipomes se trouvent systématisés souvent dans la région cervicale, les épaules et les extrémités supérieures. Dans la lipomatose symétrique bénigne ou maladie de Madelung, on retrouve une association avec l’abus d’alcool, des tumeurs des voies aériennes supérieures, neuropathies, diabète, hyperlipidémie et d’autres altérations métaboliques. Le traitement chirurgical peut être effectué pour des raisons esthétiques, mais parfois il devient nécessaire en raison d’une compression des voies respiratoires.
Le lipoblastome est un lipome immature, cellulaire, qui survient chez les enfants et les adolescents. La majorité se situent dans les tissus mous superficiels. En imagerie, en raison des composantes non adipeuses, son aspect peut être identique au liposarcome, qui est toutefois exceptionnel chez l’enfant.
L’hibernome est une tumeur rare de graisse brune, qui ressemble à la graisse des animaux qui hibernent. Il est plus fréquents dans la région periscapulaire de jeunes adultes, souvent des femmes. C’est une lésion très vascularisée, typiquement encapsulée, mais qui peut être infiltrante. En IRM, elle a un aspect similaire à la graisse, toutefois elle se rehausse après injection iv de gadolinium.

References:

Adamo C, Vescio G, Battaglia M, Gallelli G, Musella S
Madelung’s disease : case report and discussion of therapeutic options
Ann Plast surg 2001, 46(1) ; 43-45

Dooms GC, Hricak H, Sollitto RA, Higgins CB
Lipomatous tumors and tumors with fatty component : MR imaging potential and comparison of MR and CT results.
Radiology 1985, 157 ; 479-483.

Ehara S, Rosenberg AE, Kattapuram SV
Atypical lipomas, liposarcomas and other fat-containing sarcomas
Clin Imaging 1995, 19(1) ; 50-53

Einarsdottir H, Söderlund V, Larsson O, Mandahl N, Bauer HCF
110 Subfascial lipomatous tumors. MR and CT findings versus histopathological diagnosis and cytogenetic analysis
Acta Radiol 1999, 40 ; 603-609

Enzinger FM, Weiss SH
Soft Tissue tumors, 4th edition
St Louis, Mosby, 2001

Fletcher CD, Martin-Bates E
Intramuscular and intermuscular lipoma: neglected diagnoses
Histopathology 1988,12(3) ; 275-87.

Hosono M, Kobayashi H, Fujimoto R, Kotoura Y, Tsuboyama T, Matusu Y, Nakamura T, Itho T, Konishi J
Septum-like structures in lipoma and liposarcoma : MR imaging and pathologic correlation
Skeletal Radiol 1997, 26 ; 150-154

Kransdorf MJ, Murphey MD
Imaging of soft tissue tumors
Philadelphia, London, Toronto, Montreal, Sidney, Tokio, WB Saunders Company, 1997

Matsumoto K, Hududa S, Ishizawa M, Chano T, Okabe H
MRI findings in intramuscular lipomas
Skeletal Radiol 1999, 28 ; 145-152

Moulton JS, Blebea JS, Dunco DM, Braley SE, Bisset III GS, Emery KH
MR imaging of Soft-tissue Masses : Diagnostic Efficacy and Value of Distinguishing Between Benign and Malignant Lesions
AJR 1995, 164 ; 1191-1199

Comments:
No comments posted.
Additional Details:

Case Number: 55465131Last Updated: 2011-10-10
Anatomy: Other   Pathology: Other
Access Level: Readable by all users
Keywords: disim radiologie, hug, terminée, french

The reader is fully responsible for confirming the accuracy of this content.
Text and images may be copyrighted by the case author or institution.
You can help keep MyPACS tidy: if you notice a case which is not useful (e.g. a test case) or inaccurate, please contact us.